Des cas de monkey pox (variole du singe) non directement liés à des voyages en Afrique centrale ou occidentale ou à des personnes revenant de voyage ont été signalés en Europe et dans le monde, des cas suspects sont en cours d’évaluation dans de nombreux pays et la situation évolue donc très rapidement. En France, les infections par ce virus font l’objet d’une surveillance à long terme via un système de déclaration obligatoire. Compte tenu des alertes actuelles, la santé publique française renforce la surveillance de ces infections et les agents de santé reçoivent des messages d’information et d’alerte.

Cas de variole du singe : point de situation en France

Cas de variole du singe : point de situation en France

Au 12 juillet 2022 à 14 heures, 912 cas avaient été confirmés : 569 en Ile-de-France, 87 en Auvergne-Rhône-Alpes, 68 en Occitanie, 47 en Nouvelle-Aquitaine, 47 en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Voir l’article : La santé d’abord. Le sport, pour s’améliorer. , 34 en Hauts-de-France, 18 en Grand Est, 13 en Normandie, 9 en Bretagne, 8 en Centre-Val de Loire, 5 en Pays-de-la-Loire, 3 en Bourgogne-Franche-Comté et 4 cas à un étranger.

Au 11 juillet 2022 à 12h00, la répartition par région de résidence des 824 cas confirmés résidant en France enquêtés est présentée sur la figure 1.

Figure 1. Cas confirmés de variole du singe (n=824), par région de résidence, France, mai-juillet 2022 (données au 11/07/2022 – 12h00)

Vous trouverez ci-dessous une description des 828 cas confirmés qui ont fait l’objet d’une enquête. Voir l’article : Santé Publique France décrit la consommation d’alcool en France.

Parmi tous les cas confirmés, 5 cas de femmes adultes et 2 enfants ont été identifiés.Les cas adultes ont entre 19 et 84 ans (âge moyen : 36 ans).

Les dates d’apparition des symptômes varient entre le 7 mai 2022 et le 7 juillet 2022 (Figure 2). Ces cas ont été diagnostiqués en moyenne 6 jours (intervalle, 0 à 22 jours) après l’apparition des symptômes ; par conséquent, les données de la semaine dernière ne sont pas consolidées.

Parmi les cas investigués, le temps médian d’utilisation du test par semaine de dépistage a fortement baissé depuis le début de l’épidémie, passant de 13 jours en S18-2022 (2 au 8 mai) à 4 jours en S26-2022 (27 juin à 3 juillet).

Figure 2. Cas confirmés de variole du singe (n=828), par date de début des symptômes, France, mai-juillet 2022 (données au 11/07/2022 – 12h00)

Parmi les cas, 81 % présentaient une éruption génito-anale, 73 % une éruption sur une autre partie du corps, 78 % de la fièvre, 76 % des adénopathies et 37 % des maux de gorge.

Parmi ces cas, 40 étaient immunodéprimés ; 211 sont séropositifs (26%). Parmi les cas sans VIH, 403 sont sous PreP (70%). Aucun cas n’est décédé.

A ce jour, 97% des cas déclarés d’orientation sexuelle en France sont survenus chez des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH). Parmi les cas pour lesquels des informations sont disponibles, 75 % ont déclaré avoir eu au moins 2 partenaires sexuels dans les 3 semaines précédant l’apparition des symptômes.

La plupart des cas indiquent qu’ils sont incapables d’identifier la personne qui les aurait infectés ; 153 sont des cas secondaires, c’est-à-dire déclarant avoir été en contact avec un cas de monkeypox dans les trois semaines précédant l’apparition des symptômes.

La prochaine mise à jour de ce rapport aura lieu le mercredi 20 juillet 2022.

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Les actions d’information et de prévention

Les actions d’information et de prévention

Compte tenu de ce qui a été observé en Europe sur cette maladie, une communication ciblée a été rapidement mise en place vers les HSH. sexosafe.fr, dédié à la sexualité des HSH, a été mis à jour avec une synthèse des connaissances sur ce sujet et des mesures de prévention. Des messages rappelant les symptômes et ce qu’il faut faire en cas de symptômes ont été véhiculés via une campagne numérique. Au 17 juin, la campagne digitale a généré près de 307 173 clics sur les bannières et plus de 246 484 visites sur le site Sexosafe. Ce dispositif est complété par une campagne d’affichage dans les lieux de socialisation avec près de 1 350 places d’affichage. En parallèle, des affiches, flyers et conseils ont été distribués grâce aux associations, équipes ARS et Sexosafe présentes sur le terrain, dans le cadre des marches des fiertés et dans les lieux de rencontre des HSH. A ce jour, 1 636 affiches et 67 050 flyers ont été commandés.

Dans les prochains jours, les messages seront diffusés sur les radios communautaires. Des outils pour le terrain seront également disponibles sur la vaccination préventive, après la publication de l’avis de la Haute Autorité de Santé le 7 juillet.

Les actions de prévention sont adaptées en permanence à l’évolution de la situation et à l’état des connaissances.

En l’absence habituelle de monkeypox en Europe et la relation des cas déclarés identifiés avec la zone à risque, le contexte européen actuel est alarmant et laisse présager une contamination en Europe. Pour cette raison, la surveillance à long terme du monkeypox a été renforcée en France par un système de déclaration obligatoire et des messages d’information et d’alerte sont envoyés aux personnels soignants. Les échanges se poursuivent également avec d’autres pays européens, l’OMS et l’ECDC.

Monkeypox info service : un dispositif d’écoute pour répondre aux questions sur la variole du singe

Dès le mercredi 13 juillet, un dispositif d’écoute a été ouvert pour répondre aux questions posées par la variole du singe. Subventionné par la Santé Publique de France et avec le soutien de l’Association SIS (Association des Services d’Information sur la Sexualité), la ligne téléphonique « Monkey Pox Info Service » est disponible tous les jours de 8h à 23h, sur le numéro vert 0 801 90 80 69 (appels et services gratuits, anonymes et confidentiels) Ce dispositif est chargé d’accompagner les messages de mesures de prévention et de protection, d’informer sur les symptômes, les traitements et les vaccinations, de conseiller et d’orienter vers les dispositifs de soins.

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Qu’est-ce que la variole du singe (Monkeypox) ? 

Le monkeypox est une maladie infectieuse causée par l’orthopoxvirus. Cette zoonose est généralement transmise à l’homme dans les zones forestières d’Afrique centrale et occidentale par des rongeurs sauvages ou des primates, mais une transmission interhumaine est également possible, notamment au domicile familial ou en milieu de soins.

Comment se transmet-il ?

Le virus monkeypox peut se transmettre par contact direct avec des lésions de la peau ou des muqueuses d’une personne malade, ainsi que par transmission de gouttelettes (salive, éternuements, éclaboussures, etc.). Les rapports sexuels, avec ou sans pénétration, remplissent ces conditions de contamination, et avoir plusieurs partenaires augmente le risque d’exposition au virus.

La contamination peut également se produire par contact avec l’environnement du patient (literie, vêtements, vaisselle, linge de bain, etc.). Il est donc important que les patients observent l’isolement pendant toute la durée de la maladie (jusqu’à la disparition des dernières croûtes, généralement 3 semaines).

En Afrique centrale ou occidentale, les personnes peuvent également être infectées par contact avec des animaux, sauvages ou captifs, morts ou vivants, tels que des rongeurs ou des singes.

L’infection par le virus Monkeypox n’est pas connue comme une IST, mais le contact direct avec une peau endommagée lors d’un rapport sexuel facilite la transmission.

Quels sont les symptômes ?

L’infection par le virus de la variole du singe peut provoquer une éruption cutanée, qui consiste en des cloques remplies de liquide qui évoluent vers le dessèchement, la formation de croûtes, puis la cicatrisation. Des démangeaisons peuvent survenir. Les vésicules sont plus concentrées sur le visage, dans la région anogénitale, les paumes et les plantes, elles peuvent également être présentes sur le tronc et les membres. Les muqueuses sont également touchées, au niveau de la bouche et des parties génitales. Cette éruption peut s’accompagner de fièvre, de maux de tête, de courbatures et d’asthénie. Les ganglions lymphatiques peuvent être enflés et douloureux, sous la mâchoire, sur le cou ou dans le pli de l’aine. Des maux de gorge ont également été signalés.

L’incubation de la maladie peut durer de 5 à 21 jours. La phase fébrile dure environ 1 à 3 jours. La maladie guérit généralement spontanément, après 2 à 3 semaines, et parfois 4 semaines.

La variole du singe est-elle grave ?

La maladie est plus grave chez les enfants et les personnes dont l’immunité est affaiblie. Elle peut se compliquer de surinfection de lésions cutanées ou d’atteintes respiratoires, digestives, ophtalmiques ou neurologiques.

Aucun décès n’a été signalé en Europe, notamment en France.