Nouvelle polémique. Déjà accusé d’avoir référé des naturopathes aux pratiques douteuses, le groupe Doctolib fait face à une enquête ouverte par le parquet de Montpellier, avec un signalement de deux faux pédopsychiatres présents sur son site, selon une mission publiée vendredi 26 août par franceinfo.

Dès mercredi, le poids lourd français de la prise de rendez-vous médical va donc renforcer les procédures de vérification des professionnels référencés sur son site. Le groupe est accusé de permettre à ses utilisateurs de prendre rendez-vous avec des naturopathes, dont certains ont des pratiques dangereuses, proches du charlatanisme et de la déviance sectaire. Les critiques ont notamment visé les naturopathes se réclamant de Thierry Casasnovas et Irène Grosjean, deux personnalités influentes dans le domaine mais aux positions discréditées dans le monde de la santé.

► Deux faux pédopsychiatres : enquête ouverte à Montpellier

Une enquête a été ouverte en juillet pour « exercice illégal de la médecine » à l’encontre de deux personnes qui se faisaient passer pour des pédopsychiatres sur la plateforme de prise de rendez-vous chez le médecin Doctolib, a indiqué le parquet de Montpellier vendredi 26 août, confirmant une information de France Inter. Voir l’article : Pourquoi numériser les données de santé ?.

Une mère de deux enfants avait porté plainte début juillet après avoir consulté un faux pédopsychiatre et son remplaçant via Doctolib pour obtenir une prescription de médicaments pour ses deux enfants souffrant de trouble déficitaire de l’attention (TDAH), a confirmé à l’AFP Me Madeleine Archimbaud, la plaignante. avocat. Le Conseil de l’ordre des médecins de l’Hérault a également porté plainte pour « exercice illégal de la médecine ».

Inscrits sur Doctolib, les deux faux pédopsychiatres auraient donné des consultations avant que la plateforme ne stoppe leur abonnement et ne supprime leur profil début juillet, a expliqué à l’AFP le président du conseil, le docteur Philippe Cathala. Cette double plainte intervient au moment où Doctolib est accusé de référer des naturopathes aux pratiques douteuses.

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► Un référencement plus encadré

Face à la polémique, le groupe avait déjà annoncé, lundi 22 août, suspendre 17 profils de pratiquants. A voir aussi : Tous les chiffres de la santé et de l’alimentation !. Elle a annoncé mercredi 24 août dans un communiqué avoir pris une « première série de mesures (…) visant à renforcer ses procédures de vérification et de signalement des professionnels référencés sur son site internet ».

Pour les médecins généralistes exerçant des activités de bien-être non réglementées, qui représentent 3 % des soins Doctolib et 0,3 % des rendez-vous pris (dont les naturopathes), une équipe dédiée vérifiera leur identité et leur présentation. Une première mise à jour a été faite sur le site internet du site, qui mentionne explicitement qu’il ne s’agit pas de professionnels de santé, assure Doctolib.

Le site annonce l’ouverture d’une concertation avec sa commission médicale et professionnelle, la Miviludes (la mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires), les syndicats des professionnels de santé, les ordres de santé, les associations de patients et les autorités. santé « pour mieux encadrer l’orientation vers les praticiens non réglementés » sur la plateforme.

Par ailleurs, Doctolib annonce également des mesures ciblant les médecins généralistes exerçant une profession de santé réglementée, qui représentent 97% des médecins généralistes. Depuis la création du site internet en 2013, sur près de 250 000 praticiens référés, la plateforme a été victime à 4 reprises de personnes ayant créé de faux profils en usurpant notamment l’identité de professionnels de santé, les deux derniers cas de fraude émanent de Juin et août 2022, dit-elle.

Aucun accord ne peut être conclu sur Doctolib tant que la vérification du droit d’exercice n’est pas effective, assure le site. Pour ce faire, la plateforme a décidé de supprimer le délai de 15 jours accordé auparavant aux professionnels de santé, afin que les nouveaux résidents puissent ouvrir des rendez-vous avant l’ouverture de leur cabinet.

L'urbanisme : un facteur majeur de la santé des populations. Dossier santé dans la campagne no. 459, mars 2022.
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► L’Ordre des médecins appelle à plus de vigilance

Dès mardi, l’Association médicale norvégienne avait demandé à Doctolib « de renforcer ses règles déontologiques d’inscription sur sa plateforme », craignant une « confusion » entre professionnels de santé et disciplines sans fondement médical. L’ordre professionnel a alors estimé « qu’une discussion approfondie doit être ouverte entre Doctolib, les autorités sanitaires et les ordres professionnels afin de mieux définir le cadre dans lequel les professionnels peuvent être admis sur la plateforme ».

Le président du premier syndicat des médecins libéraux (CSMF), Franck Devulder, est allé plus loin et a demandé « à l’Etat de clarifier les pratiques de certains professionnels qui relèvent parfois du charlatanisme » et au ministre de la santé « de réglementer l’accès aux médecines alternatives et interdire toute mention ». La médecine « doit être pratiquée dans le cadre d’un parcours de soins dirigé par le médecin généraliste. Le recours aux thérapies alternatives peut être envisagé, mais dans le cadre de ce cursus et avec la rigueur nécessaire à une prise en charge de qualité », a-t-il ajouté dans un communiqué diffusé mardi.