Publié le 14 octobre 2022 à 20:35 Source : TF1 Info

Publié le 14 octobre 2022 à 20h35

L’heure est à la mobilisation générale en prévision des tensions énergétiques qui pèseront sur le système français l’hiver prochain.Les dernières prévisions annoncent l’hiver le plus froid depuis 10 ans.Alors, les températures clémentes de ces derniers jours, peuvent-elles nous éviter une crise majeure ?

L’heure est à la mobilisation générale en prévision des tensions énergétiques qui pèseront sur le système français l’hiver prochain. A voir aussi : Tendances de la mode grise dont vous ne soupçonniez pas l’existence.

Les dernières prévisions annoncent l’hiver le plus froid depuis 10 ans.

Alors, les températures clémentes de ces derniers jours peuvent-elles nous sauver d’une crise majeure ?

Dans le contexte actuel de tensions énergétiques annoncées pour cet hiver, le gouvernement fait face à une équation à deux inconnues : la mobilisation des Français et, bien sûr, les conditions météorologiques. Pourtant, si l’on en croit les dernières prédictions de Guillaume Woznica, notre spécialiste météo, l’hiver prochain risque d’être le plus froid depuis dix ans.

« Après neuf hivers consécutifs avec des températures supérieures à la moyenne de la saison, le prochain trimestre décembre-janvier-février pourrait voir un retour à des conditions climatiques plus hivernales », prévient le météorologue de LCI.

La période clémente que nous vivons actuellement suffira-t-elle à éviter une crise majeure cet hiver ? Pour le savoir, la rédaction de TF1info a contacté Alicia Bassière, doctorante en économie de l’énergie au Centre de recherche en économie et statistique de l’Ecole Polytechnique.

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Grâce au redoux, « on économise du gaz ».

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La France était déjà stressée l’année dernière et nous n’avions pas eu un hiver aussi dur. Le contexte actuel est totalement nouveau. L’indisponibilité nucléaire à ce moment est du jamais vu ! Il y a déjà eu des crises plus ou moins similaires dans le passé, comme en 2004. Grâce au nucléaire, la France avait été moins touchée que d’autres pays. Pour compenser, on peut compter sur les usines à gaz, mais cela coûtera très cher. Et le gouvernement ne veut pas que cela retombe sur la population. De plus, il n’y a pas beaucoup d’usines à gaz en France. Et surtout, au-delà d’une certaine puissance, on peut avoir tout le gaz qu’on veut, il y aura toujours une ligne rouge qu’on ne pourra pas franchir. La limite sera donc rapidement atteinte.

Les températures douces d’aujourd’hui permettent-elles de stocker de l’énergie pour l’hiver ?

Nous économisons de l’essence, ce qui est une bonne nouvelle. Car, contrairement à l’électricité, elle peut être stockée. Pour les consommateurs, cela permet d’économiser sur les coûts de chauffage, ce qui est également une bonne chose. Mais partir d’ici pour dire que cela nous permettra un hiver tranquille, ce n’est pas vrai. Le simple fait que le gouvernement lance un plan de sobriété énergétique est déjà un mauvais signe. 10% de consommation est réalisable. Il est difficile d’estimer si cela suffira pour cet hiver, d’autant plus que nous ne savons pas si la population va continuer. S’il fait très froid, 19°C à l’intérieur, il ne sera pas vécu de la même manière pour une maison mal isolée. Cela peut inciter les gens à augmenter le chauffage.

Une baisse de température de quelques degrés peut-elle avoir un impact sur la consommation d’énergie ?

Alicia Bassière Le problème des prévisions, c’est qu’elles sont moyennes. S’il fait 2 ºC de moins chaque jour, cela ne changera pas grand-chose. Par contre, s’il y a de grandes variations, allant de -2°C à 10°C par exemple, c’est très mauvais pour le réseau. Des températures relativement basses sont préférables à de grandes variations. En général, les variations extrêmes, le système n’aime pas cela. Lorsque la température varie beaucoup, nous avons tendance à allumer et éteindre notre chauffage pour maintenir une température constante dans notre logement, ce qui est encore plus énergivore.

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