Le King of the Deep, tout juste 100 kg, conçu par Aces of Robotics, vient d’achever sa première mission archéologique sous l’égide de l’UNESCO en Sicile à proximité de trois anciennes épaves.

« Arthur était seul, indépendamment à une profondeur de 850 mètres, c’était sa première mission archéologique propre. » Les yeux de Vincent Creuze, professeur de robotique à l’université de Montpellier, pétillent encore quelques jours après son retour de mission. Son « enfant », un robot de 100 kg seulement, haut de 80 cm et long de 90 cm, qu’il a conçu avec une petite équipe du Lirmm (Laboratoire d’Informatique, de Robotique et de Microélectronique de Montpellier), a rempli tous ses objectifs de recherche lors d’un stage scientifique expédition à la recherche d’épaves profondes dans le Canal de Sicile.

Il peut aller jusqu’à 2500 m de profondeur

Arthur, achevé en 2021, est le fruit de dix années de recherche et d’essais de robots sous-marins télécommandés (ROV) avec ce rêve inventé par le Drassm (Département de Recherches Archéologiques Sous-marines et Sous-marines) : créer un outil unique au monde capable de traitant des profondeurs de l’abîme tout en étant à la fois petit, agile, précis et fonctionnel. « En 2013, le directeur du Drassm Michel l’Hour voulait un robot autonome à 2 000 mètres de profondeur en dix ans, 9 ans se sont écoulés et est capable de descendre à 2 500 mètres, mais ensuite on n’osait pas croire que c’était le cas. Sur le même sujet : Noidans-lès-Vesoul. Cinq trophées remportés au concours de robotique. possible », se réjouit Vincent Creuze. L’une des prouesses technologiques est la capacité à résister à de fortes pressions à de grandes profondeurs : « Techniquement tous les composants ont été testés dans une chambre jusqu’à 2500m, nous savions qu’il n’y aurait pas de problème. »

Début juillet, le ROV a accompagné Ocean One, un semi-robot humanoïde, pour tester près de Crispi, un paquebot italien coulé pendant la Seconde Guerre mondiale, reposant à 500 m de profondeur.

Ainsi à la fin de l’été, sous l’égide de l’UNESCO, une expédition rassemblant des scientifiques de huit pays – Algérie, Croatie, Egypte, Espagne, Maroc, Tunisie, Italie et France – a ainsi d’abord rassemblé le plateau continental italien sur Alfred Merlin, Drassm et le bateau d’Arthur. L’idée : modéliser pour la première fois des épaves et améliorer la cartographie de la zone pour à terme protéger ce patrimoine sous-marin.

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Des épaves romaines près du Titanic

Le robot a été commandé pour les épaves Ballard, du nom de l’homme qui a découvert le Titanic puis, au début des années 1990, a évalué une autre série de navires coulés dans la région. Voir l’article : Avec Tesla et Boston Dynamics, la robotique humanoïde fait son grand retour… mais elle est encore loin d’être appliquée.

En une demi-heure environ, grâce à un impressionnant treuil de 6 tonnes et 2,5 km de câble d’acier, le petit ROV était déjà à 850 m de profondeur, guidé par son inventeur, qui a pu le piloter devant les écrans et grâce au joystick. Arthur, équipé de projecteurs, effectuait ses missions de recherche. Utilisant un aspirateur inversé pour enlever les sédiments, mais pas cette fois sa boîte de collecte qu’il remplit d’un aspirateur et de griffes. Ainsi, cinq sites et trois épaves romaines ont été examinés.

« Les archéologues sont heureux de constater que ces épaves n’ont pas été altérées par la sédimentation, la bioérosion ou l’activité humaine comme les filets de pêche », a déclaré Audrey Azoulay, directrice générale de l’UNESCO. L’idée est aussi de pouvoir caractériser et dater la cargaison des navires. Pour l’équipe du Lirmm, des années de travail « monstrueux » sont récompensées. Avant la prochaine mission d’Arthur sur l’épave du Louis XIV Moon à Toulon.

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