Publié le 6 septembre 2022 à 11h00 Source : TF1 Infos

Publié le 6 septembre 2022 à 11h00

La stratégie « zéro Covid » des autorités chinoises a provoqué une crise immobilière sans précédent.Des immeubles vides ne se vendent pas et des chantiers sont laissés à l’abandon.Le 20H de TF1 a rencontré des petits propriétaires excédés.

La stratégie "zéro Covid" des autorités chinoises a provoqué une crise immobilière sans précédent.Des immeubles vides ne se vendent pas et des chantiers sont laissés à l’abandon.Le 20H de TF1 a rencontré des petits propriétaires excédés.

La stratégie « zéro Covid » des autorités chinoises a provoqué une crise immobilière sans précédent. Sur le même sujet : avis | Logement : construire autrement, mais pas forcément plus.

Les bâtiments vides ne se vendent pas et les chantiers abandonnés.

Le 20H de TF1 a rencontré des petits exploitants mécontents.

Ils tombent dans tout le pays. Des centaines de bâtiments, parfois quasiment neufs, ont été démolis en une fraction de seconde sur ordre du gouvernement chinois, comme on l’a vu dans TF1 20h. vidéo ci-dessus. La raison? Trop de maisons, pas assez d’acheteurs. En Chine, la stratégie « zéro Covid » a ébranlé l’économie de tout le pays et provoqué une crise immobilière sans précédent.

Les grands immeubles restent donc vides, faute de clients. La faillite des constructeurs se multiplie et l’hésitation entre démolir les immeubles, car cela coûte moins cher que de les entretenir, ou de laisser la plupart des chantiers à l’abandon. A Zhengzhou, ville de 10 millions d’habitants, ils sont innombrables. « C’est suspendu depuis longtemps, presque un an ou deux pour la plupart », évoque le chauffeur de taxi dans le reportage de TF1 ci-dessus.

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Les petits propriétaires en colère

Ces maisons sont souvent vendues sur plan. Si les promoteurs ne terminent pas les travaux, les petits propriétaires se sentent démunis. « Tout le monde dit que la construction s’est arrêtée, c’est vrai », s’interroge l’un d’eux. A voir aussi : Chessy [Vidéo] Métropole, entre adhésion, social et inclusion : la première pierre de la résidence atypique a été scellée. « Oui, ils n’ont pas travaillé depuis l’année dernière », répondent-ils. Comme lui, Lee attend chaque jour avec impatience de voir sa future maison achevée. Il y a six ans, le gouvernement a démoli la maison de ce fermier en promettant de le réinstaller dans le bâtiment.

« En ce moment, je dois payer un loyer, 300 euros par mois, le gouvernement devrait me payer, mais depuis un mois, ils ont arrêté d’envoyer de l’argent. Comment puis-je vivre ? Nous avons besoin de nourriture, d’un abri », explique-t-il au journal haut de cet article. Le père de ces trois enfants n’a par où commencer. « A quoi ça sert d’être en colère ? Je ne combats pas des gens comme vous et moi, je dois combattre le gouvernement chinois. Je ne peux rien faire. »

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Les ouvriers du bâtiment, autres grandes victimes

Sans aide gouvernementale, un tiers des grands promoteurs immobiliers pourraient faire faillite d’ici la fin de l’année. Couverts de dettes, une trentaine d’entre eux ont dû arrêter de travailler. Résultat : jusqu’à 40 % des acquéreurs n’ont pas encore reçu les clés de leur logement. Mais depuis quelques semaines, ces propriétaires ne veulent plus lâcher prise. Après avoir consommé toutes les drogues, ils n’hésiteront pas à descendre dans la rue. Des millions d’entre eux ont déjà cessé de payer leurs dettes. Le 24 août, Pékin a publié un nouveau plan, espérant relancer l’économie avec 2 600 milliards de yuans.

M. Chen, interrogé dans le reportage de TF1, ne porte pas plainte publiquement. « Le monde devrait aider les faibles, mais nous n’avons même pas assez de nourriture », explique cet ouvrier du bâtiment. Sous leur abri, ils sont entassés dans des chambres insalubres, au confort sommaire. Impossible pour eux de sortir de chez eux, coincés à des centaines de kilomètres de leur famille. « Nous attendons ici qu’ils nous paient, oui ma famille me manque, mais je ne peux rien faire. »

Face à leur situation désespérée, la réponse des architectes n’a pas été à la hauteur. Dans les bureaux d’un des plus grands groupes du pays, un commercial commence à se rencontrer. « Vous savez, tant qu’il n’y a qu’un seul travailleur à cet endroit, on ne peut pas dire qu’il est arrêté. » La crise pourrait ébranler toute l’économie de l’Empire du Milieu, dont le secteur immobilier représente un quart du PIB chinois.

La rédaction de TF1info | Reportage vidéo par Justine Jankowski, Marine Zambrano, Y.Hu

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