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Énergie

Les données, meilleures alliées des pompiers ?

Les données, meilleures alliées des pompiers ?

Une opération des sapeurs-pompiers ne s’improvise pas. Il s’agit d’une organisation régit par différentes étapes : la reconnaissance des lieux du sinistre avant tout engagement de moyens, la mise en place du dispositif assurant la sécurité des intervenants et l’efficacité des actions, le sauvetage des victimes potentielles ou avérées, la maîtrise et l’arrêt du feu, mais aussi la surveillance après toute opération afin d’éviter une reprise de risque. Toute une logistique de crise qui mobilise des réseaux d’information structurés : le commandement qui prend les décisions, les pompiers dans l’opérationnel, ou encore les réseaux tactiques qui permettent une communication sur le terrain. Ce sont donc différents flux d’informations qui se croisent et autant de données qui doivent être mises à la disposition de tous ceux qui interviennent.

Si certains développent des outils d’aide à la décision fondés sur les mouvements des pompiers, à l’image de deepsense.io, le vainqueur du dernier concours organisé par l’Université de Varsovie et les pompiers de la ville, d’autres créent des applications pour Google Glass leur permettant de disposer en temps réel des informations nécessaires pendant une opération, comme nous vous l’expliquions cette semaine dans notre C’est Déjà Demain. Les initiatives sont donc nombreuses. Certaines casernes opèrent même des rapprochements avec les services municipaux en charge des données, afin d’accéder à un maximum d’informations. C’est le cas de Boston dont la collaboration était annoncée en juillet dernier :

« Plus nous mettrons d’outils dans les mains de nos pompiers leur permettant d’avoir une plus grande connaissance de la situation avant d’entrer dans un incendie, mieux ce sera, expliquait le chef des casernes de Boston, Joseph E. Finn au Boston Herald. Quand les enjeux sont aussi grands, chaque seconde compte et chaque décision aussi. »

Et ce n’est pas la première initiative du genre. Développé aux États-Unis en 2008, le système de commandement des incidents nouvelle génération (NICS) est un logiciel d’intégration des données à grande échelle redoutable. Il est capable de fournir des bilans de situation dès l’arrivée des secours ainsi que des informations en temps réel pendant toute la durée de l’opération afin de permettre aux commandements de prendre de meilleures décisions. Ce système a rapidement été déployé lors d’autres crises que les incendies comme les inondations de San Bernardino en Californie par exemple ou encore pour faciliter la localisation des victimes du glissement de terrain à Oso, dans l’État de Washington.

Les algorithmes prédictifs, des pompiers comme les autres ?

L’utilisation des données ne s’arrête pas là puisque certains départements de pompiers cherchent à les utiliser pour prédire les lieux où se déclencheront les incendies. On parle alors de data mining, discipline mobilisée depuis deux ans par les casernes de New York. Voir l’article : L’impression par dépôt de matières en fusion. C’est une véritable avancée pour la Grosse Pomme qui enregistre 3000 immeubles en feu chaque année, parmi le million que compte la ville. Pour ce faire, le département commence par identifier les quartiers à risque en fonction de leurs caractéristiques, en commençant par la pauvreté :

« On observe une corrélation entre les incendies et les quartiers qui comptent un faible niveau de revenu » affirmait Jeff Chen, directeur du département des analyses lors du Big Data Innovation Summit à Las Vegas en 2013.

D’autres données sont prises en compte comme l’âge de l’immeuble, les différents problèmes d’électricité enregistrés au cours des dernières années, la présence d’un ascenseur, la présence ou non d’extincteurs automatiques ou encore d’un gardien etc. Si l’utilisation de ces informations peut sembler évidente, il n’existait jusqu’alors pas d’outil permettant de croiser les données et d’établir les zones les plus à risque.

Au total, ce sont plusieurs centaines de caractéristiques qui sont désormais prises en compte pour être soumises à la rigueur mathématique de l’algorithme. Chaque semaine, lorsque les pompiers partent en inspection, il leur fournit une liste des bâtiments les plus susceptibles de voir se déclencher un incendie afin qu’ils soient contrôlés en premier. Un choix plus pertinent pour la ville, dont les coupes budgétaires freinent le nombre d’inspections possibles… Les données permettent de sauver plus de vies donc, mais aussi de réduire les dépenses.

par Camille Gicquel

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