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Noémie Goddard, architecture d’intérieur et intimité

Noémie Goddard, architecture d'intérieur et intimité

L’a publié

jeudi 18 août 2022 à 10h48

Avez-vous déjà pensé à la façon dont le design d’intérieur affecte vos actions et votre comportement ? Cette discipline est trop souvent sous-estimée, selon Noémie Goddard.

Savoir s’adapter, base de l’architecture intérieure

Noémie Goddard, architecte d’intérieur depuis 15 ans, a élu domicile à la Villa Médicis à Rome. C’est à partir de là qu’elle mène une enquête à travers l’Italie et développe une théorie autour de sa discipline, qui n’est ni l’architecture ni le design. A voir aussi : « On paye la vue » : dans le futur port de plaisance de Cormeilles-en-Parisis, il y a déjà une ruée vers les appartements. D’ailleurs, pour bien marquer la différence, il ne dit pas architecture d’intérieur, mais architecture d’intérieur, sans la préposition, pour se libérer du poids de l’architecture. Entretien.

L’architecture est une discipline qui tire son prestige de la longévité, ce n’est pas le cas de l’architecture d’intérieur dont le maître mot est l’adaptabilité.

Noémie Goddard : « Il est absolument certain qu’on ne peut plus penser des espaces pour une seule fonction. Et la marque de fabrique de l’architecture d’intérieur doit être la capacité à prévoir différentes fonctions pour un lieu. Peut-être qu’en matière de logement on pourra commencer à penser à un logement plus adaptable quand on a un enfant, deux enfants, quand on vieillit, comment on aborde la question de l’espace en architecture… Il me semble que c’est une discipline qui a du potentiel – créativement mais aussi de la réflexion sur nos enjeux contemporains – ce qui est très important. »

Cette question est au cœur des enjeux environnementaux actuels.

Lire aussi :
Lors de l’achat ou de la location d’une maison ou d’un appartement…

De l’intérieur à l’intimité

Noémie Goddard : « L’étude de la discipline de l’architecture d’intérieur est vraiment importante car elle soulève des enjeux contemporains très forts. Cela fait vraiment partie du fait de pouvoir décorer des espaces. On ne peut plus construire aussi intensément qu’aujourd’hui. A voir aussi : Le nouveau programme de logement publié par le gouvernement n’innove pas beaucoup. Le secteur de la construction est un environnement très problématique d’un point de vue environnemental : il est extrêmement énergivore. Du fait de la spécificité de ce métier qui est de rénover, de reconstruire des locaux, on pourrait bien imaginer de meilleures qualités de réhabilitation de nos bâtiments. Et comment cette gestion de la vie, au lieu d’être conçue à partir de l’individualité de celui qui veut l’habiter, peut d’abord être pensée à travers son réel besoin de définir un intérieur adaptable, compatible avec une vie immédiate. »

Pour redonner un sens théorique à cette discipline, Noémie Goddard a lancé une étude autour de cette question : Comment un intérieur devient-il un intérieur ?

Noémie Goddard : « L’intérieur comme contenant, qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Est-ce quelque chose de clos ou, au contraire, un espace qui donne à voir sur un extérieur déjà potentiel ? Dedans, c’est la capacité d’habiter des lieux , vivre dans le sens de vivre comme on le fait chez soi. Et enfin, cette capacité à rester, à s’approprier, est peut-être quelque chose de plus mobile qu’on ne le pense. Ce n’est pas forcément quelque chose qui appartient à une enveloppe bâtie.

Et c’est là que le décor entre en jeu. Un rôle important quand on sait que le mot même « intimité » a pour définition : l’intérieur de l’intérieur.

Pour Noémie Goddard, ce lien se révèle, entre autres, dans l’étude du seuil.

Noémie Goddard : « On peut prendre le temps de traverser un espace quand on a une architecture qui nous offre un seuil. les seuils : de la maison à la rue et au métro. On a des seuils qui deviennent de plus en plus fins et qui sont des frontières d’un espace à l’autre plutôt que des connexions. Et effectivement, en introduisant cette notion de cohérence, on introduit déjà un pas vers une forme d’intériorité. »

Donner plus de temps à une personne pour se déplacer d’un endroit à l’autre, c’est aussi lui donner plus de choix.

Noémie Goddard : « Ce qui est intéressant à comprendre, c’est comment le geste est induit par une architecture, mais aussi comment l’inverse est possible. Comment il peut y avoir une reprise de pouvoir de l’habitant sur l’architecture, par son action. »

Voir : Exposition à la Villa Médicis Étincelles/Scintille Jusqu’au 7 août 2022.

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