Il y a bien longtemps que le Salon des Armes Terrestres et Aéroportées d’Eurosatory recevait la visite d’un Président de la République. Les images de guerre n’étaient pas recommandées par les experts en communication politique. Mais après quatre mois de guerre intense sur le sol européen, la donne a changé. Chaque jour, l’Ukraine alerte sur la faiblesse de ses stocks d’armes et appelle à l’aide face à la Russie. Et la difficulté pour les Européens d’apporter un soutien – dans la durée – devient un sujet de préoccupation et de débat.

Aussi, le président républicain Emmanuel Macron est venu inaugurer le salon pour promouvoir une industrie de défense européenne plus forte, prévenant qu’il fallait désormais entrer dans « l’économie de guerre ». Les fabricants d’armements ont l’habitude de travailler sur le long terme pour produire de petites quantités, notamment des équipements sophistiqués.

Mais en Ukraine et en Russie, ces petites séries de consommations massives de munitions et ces mesures de destruction sont remises en cause et la question des stocks se pose avec acuité.

Produire plus et moins cher

Produire plus et moins cher

« Nous ne pouvons pas vivre avec la grammaire d’il y a un an », a-t-il déclaré. Et en ajoutant qu’il va falloir s’organiser pour produire de plus en plus cher. Voir l’article : Pourquoi le ralentissement d’Internet affaiblit notre économie. « Nous ne nous attendions pas à des changements stratégiques pour réinvestir dans la défense », a rappelé le chef de l’Etat, mais il faut aller « plus vite, plus fort, au moindre coût », a-t-il souligné.

En toute logique, le président a confié au ministre des armées Sébastien Lecornu et au chef d’état-major des armées Thierry Burkhard la mission de revoir la loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025 dans les prochaines semaines. adapter les moyens aux menaces.’ Paris a augmenté ses crédits de défense de 2017 à 40,9 milliards d’euros en 2022, avec un objectif de 50 milliards d’euros en 2025. L’idée est de vérifier et de relancer la hiérarchie des investissements pour le conflit ukrainien de 2025. Réflexions sur les horizons pour 2030.

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Renforcer la coopération européenne

L’armée française est fière de proposer un « modèle complet » : elle a tout, mais peu. Dans l’artillerie, l’armée française dispose de 74 systèmes d’artillerie Caesar. Voir l’article : Parce que l’économie tricolore crée encore autant d’emplois. En ne donnant que 12 unités à l’Ukraine, elle lui enlève 15% de ses parts ! Il faut donc réfléchir à la constitution et au niveau des stocks, aux possibilités de besoins et à l’allocation prioritaire des matières rares aux entreprises de défense.

Le président a souligné que le renforcement des capacités de défense passe aussi par davantage de coopération européenne, dont il rêve depuis longtemps de « préférer l’Europe ». On en est loin : Berlin achète les F-35 et Chinook préférés avec ses nouveaux moyens. « Ce n’est pas une bonne idée de dépenser beaucoup pour faire du shopping ailleurs », a souligné le président.

La Commission européenne travaille à la création de deux fonds pour aider à renforcer la défense des États européens, ainsi qu’à réduire la TVA sur les achats d’armes européens. Il est tout simplement urgent de reconstituer leurs stocks auprès des États qui ont fourni du matériel militaire à l’Ukraine. Les 27 autres États membres devraient encourager les groupements d’achat afin de créer des effets d’échelle et de compétitivité pour les fabricants européens.

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« Nous devons renforcer l’industrie de défense de l’Europe et sa base industrielle et technologique de manière beaucoup plus forte et beaucoup plus rigoureuse […] ou nous construirons les dépendances de demain », a-t-il déclaré.

Enfin, à la grande satisfaction de l’industrie, il a également souligné la contradiction entre la volonté de l’Europe de la défense de renforcer sa défense et les projets taxonomiques de la Commission européenne, qui excluent le secteur de l’armement des investissements dits « responsables ». Il s’est ainsi engagé à porter ces projets législatifs à l’agenda européen.