Cinq mois jour pour jour après le début de la guerre en Ukraine, l’économie européenne est toujours dans la tourmente. L’onde de choc du conflit continue de se propager à tous les pays du Vieux Continent, déjà secoué par les deux longues années de la pandémie. Les gouvernements préparent les Européens à se passer du gaz russe pour l’hiver prochain.

En attendant cette probable échéance, les indices PMI dévoilés vendredi 22 juillet montrent que l’économie européenne s’effondre à grande vitesse. L’indicateur synthétique de la zone euro est entré en territoire négatif en juillet à 49,4 contre 52 en juin. Il s’agit d’un plus bas de 17 mois. Pour rappel, l’activité se contracte lorsque cet indice, très scruté dans les milieux économiques et financiers, passe sous le seuil des 50 points ; et il augmente lorsqu’il dépasse ce chiffre.

« Hors périodes de restrictions sanitaires, la baisse de l’activité globale enregistrée en juillet est la première depuis juin 2013. Elle indique également une baisse trimestrielle du PIB de l’ordre de 0,1 %, soit un rythme marginal de contraction pour l’instant, mais qui, compte tenu de la forte baisse des affaires nouvelles, de la baisse du nombre d’affaires en vigueur et de la baisse des perspectives d’affaires, devrait s’accélérer dans les mois à venir », a déclaré Chris Williamson, économiste en chef chez Intelligence du marché mondial S&P.

Au sein de la zone euro, la baisse de l’activité a été la plus prononcée en Allemagne, l’indice PMI tombant à 48, son plus bas niveau depuis juin 2020. Dans un billet de blog publié ce vendredi, les économistes du FMI ont revu en nette baisse leurs projections de croissance pour l’Allemagne, de 2,9 % à 1,2 % pour 2022. En France, l’activité a continué de progresser en juillet, mais à un rythme extrêmement lent, avec un PMI de 50,6 en juillet. Au-delà de ces indicateurs économiques, le ralentissement économique se transforme en une crise beaucoup plus systémique.

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L’inflation menace l’économie européenne

L'inflation menace l'économie européenne

La hausse du coût de la vie secoue l’économie européenne. La guerre en Ukraine a poussé l’indice des prix à un niveau record en juin dernier à 8,6% en glissement annuel selon les derniers chiffres de la Commission européenne. Lire aussi : Guerre en Ukraine : comment l’économie française va-t-elle réagir à la crise ?. Poussée par la hausse des prix de l’énergie, des matières premières et des pénuries, l’inflation réduit progressivement le pouvoir d’achat des ménages sur le sol européen.

En France, une étude du Conseil d’analyse économique (CAE), publiée ce jeudi 21 juillet, montre que les ménages du bas de l’échelle ont fortement puisé dans leur modeste épargne. Les classes moyennes disposent d’un stock d’épargne correspondant à la tendance pré-covid. Quant aux plus riches, ils ont un stock d’épargne plus élevé. En Europe, l’inflation devrait donc peser sur la demande des familles ayant la plus forte propension à consommer. Les récentes enquêtes sur le climat des affaires montrent également que la confiance des ménages est en chute libre. Au final, compte tenu de l’inflation, le niveau de vie d’un grand nombre d’Européens a déjà commencé à baisser.

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L’industrie dans le rouge

Les conducteurs de l’équipement productif en Europe sont en première ligne face à cette crise énergétique. En juillet, l’indice PMI est tombé à 49,6 contre 52,1 en juin. Sur le même sujet : « L’économie française est exsangue, faible et désorientée » comment rebondir ?. Il s’agit du niveau le plus bas depuis 25 mois au plus fort de la pandémie. « Hors celles observées pendant les périodes de confinement, la baisse d’activité enregistrée en juillet est la plus notable depuis décembre 2012 », soulignent les économistes de S&P.

Cette baisse s’explique en grande partie par la persistance des difficultés de l’industrie allemande, très vulnérable aux conséquences de la guerre en Ukraine et aux difficultés d’approvisionnement. « Dans le secteur manufacturier, où un nombre de nouvelles commandes plus faible que prévu a entraîné une augmentation sans précédent des stocks d’invendus, la situation est des plus préoccupantes », a déclaré Chris Williamson.

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Les services frôlent la contraction

Côté services, les voyants passent également au rouge. L’indice PMI est passé de 53 en juin à 50,6 en juillet, à la limite de la contraction. Plusieurs branches ont connu une baisse ou un ralentissement de l’activité de loisirs, des transports ou encore du tourisme. Cette moindre activité s’explique en partie par une augmentation du coût de la vie d’un grand nombre d’Européens contraints de faire des choix plus drastiques dans leur vie quotidienne face à une inflation galopante.

Dans l’immobilier et le secteur bancaire, les analystes font également état de difficultés dues au durcissement des conditions financières depuis plusieurs mois. Compte tenu du poids du secteur tertiaire dans le produit intérieur brut européen (autour de 65 %), tous ces mauvais signes ne laissent pas présager de perspectives favorables pour fin 2022 et début 2023.

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Menaces sur l’emploi

Ce ralentissement brutal de la croissance en Europe devrait entraîner mécaniquement une hausse du chômage. Si le taux de chômage au sens du Bureau International du Travail (BIT) a continué de baisser au premier semestre, atteignant 6,6% dans la zone euro fin mai, la tendance pourrait s’inverser. En effet, le découplage des soutiens mis en place pendant la pandémie et le durcissement des conditions financières conduiront sans doute les entreprises à réduire leurs effectifs.

En France, les économistes de l’OFCE estiment que les entreprises « accumulent de la main-d’œuvre » compte tenu du niveau d’activité calculé depuis le début de la guerre en Ukraine. De nombreux économistes s’attendent à une « croissance moins riche en emplois ». Une hausse du chômage dans la zone euro affecterait la demande globale et les carnets de commandes des entreprises, déjà fragilisés par la hausse des prix de l’énergie et les difficultés d’approvisionnement.

Le chômage dans la zone euro à des niveaux historiquement bas, à 6,6% en juin

Crise politique en Italie

Cette augmentation de l’activité intervient alors que l’Italie traverse une crise politique majeure. Le départ du Premier ministre italien, Mario Draghi, a fait l’effet d’une bombe en Europe. Arrivé à la tête du gouvernement en février 2021 pour sortir l’Italie de la crise sanitaire et économique, Mario Draghi, 74 ans, a remis sa démission le 14 juillet au président Mattarella, qui l’a immédiatement rejetée. Quelques jours plus tard, l’ancien président de la Banque centrale européenne quittait définitivement son poste après plusieurs déboires au parlement italien. Le lendemain, le président italien Sergio Mattarella a annoncé la dissolution du Sénat et de la Chambre des députés, ce qui entraînera automatiquement la tenue d’élections anticipées cet automne dans la troisième économie de la zone euro.

Les marchés scrutent attentivement la situation de la troisième économie de la zone euro. Le « spread » étroit entre les taux d’intérêt à dix ans allemands et italiens s’est élevé à 240 points de base, le plus élevé depuis la mi-juin. Avec cette crise politique, l’Italie entre dans une zone de grande incertitude alors que l’économie est secouée de toutes parts par les répercussions de la guerre en Ukraine.

La Banque centrale européenne sur une ligne de crête

Après dix ans de politique monétaire accommodante, la Banque centrale a décidé de resserrer la vis monétaire en annonçant une hausse de 50 points de base de ses taux, à la grande surprise de certains économistes. Ainsi, son taux d’intérêt préférentiel est passé de 0 % à 0,5 % et son taux de dépôt est passé de -0,5 % à 0 %. Parallèlement, l’institution financière a lancé l’IPT, l’instrument de protection des transferts. Cet outil anti-fragmentation devrait permettre principalement l’achat de titres publics.

Les annonces de Christine Lagarde marquent un tournant dix ans après la crise des dettes souveraines dans la zone euro où la BCE est venue au secours de l’économie européenne. Surtout, l’institution de Francfort a joué un rôle majeur au moment de la pandémie en mettant en place des politiques monétaires très compétentes, en baissant les taux et en proposant des programmes massifs de rachat de titres de la dette publique. Résultat, le bilan de la banque centrale avait bondi de près de 20 points en près d’un an. Face à une inflation galopante, la Banque centrale est sur les nerfs. En mettant fin à l’ère de l’argent gratuit, il espère maîtriser rapidement les prix tout en préservant l’activité. Un pari qui s’avère dangereux au moment où les tensions sur les marchés de l’énergie sont au plus haut.

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La zone euro est composée de 19 pays, qui partagent aujourd’hui une monnaie unique. Certains États de l’Union européenne ont choisi de ne pas participer (Danemark, Suède), d’autres ne remplissent pas encore les critères économiques d’adhésion (Bulgarie, Hongrie, Pologne, République tchèque, Roumanie) .

Qui est dans la zone euro ?

Quels pays ont rejeté l’euro ? Parmi les pays « historiques », deux pays ont rejeté l’euro malgré l’obligation contenue dans le traité de Maastricht : le Danemark, qui bénéficie d’une exemption spécifique, et la Suède, qui a délibérément choisi de ne pas participer au mécanisme de change (MCE II) . était de facto interdit d’adopter l’euro.