L’état de l’économie russe début septembre et les perspectives pour 2023 (*)

La croissance de l’économie russe à court et moyen terme peut varier. Cependant, c’est l’un des avertissements émis par le groupe de recherche de l’Institut de prévision économique de l’Académie des sciences de Russie (IPE-ASR / INP-RAN). L’analyse des dernières données publiées par ROSSTAT, l’agence statistique de Russie, dont la fiabilité n’est pas remise en cause dans les organisations économiques internationales et la « flexibilité » sera plus difficile[1], confirmant même un développement plus rapide que prévu par les chercheurs (pairs et collègues) de l’IPE-ASR. Petit résumé des faits.

I. L’évolution de l’économie russe en août 2022 et les trajectoires possibles pour la fin de l’année

Les résultats publiés par ROSSTAT sont meilleurs que prévu, selon la confirmation, ils montrent une reprise plus rapide que prévu des sanctions économiques russes. Il est encore trop tôt pour mesurer l’impact d’une « mobilisation partielle » sur l’économie. Sur le même sujet : Trop de dettes ? Il faut d’abord désocialiser l’économie française. Cela devrait toutefois avoir un faible impact en termes de nombre (300 000 mais peut-être plus, jusqu’à 700 000) d’épargnants appelés. En revanche, il est certain que la production d’armes est d’un poids égal et aura un grand poids dans les résultats économiques.

Ce sont donc de bonnes choses, comparées aux sanctions énormes et massives qui frappent l’économie russe. En glissement annuel (ou en pourcentage du même mois de l’année dernière), le PIB a diminué de -4,5 % en juin, de -3,0 % en juillet et de -1,6 % en août.

Source : ROSSTAT, Kratkosrotchye Yekonomictcheskie Pokateli Rossijskoj Federatsii n°8-22, https://rosstat.gov.ru/compendium?print=1 et ROSSTAT Social’no-Yekonomitcheskoe Polozhennie Rossii, Moscou, 28 septembre 2022, p.8

On assiste donc clairement à une reprise rapide de l’économie après un premier choc que l’on peut désormais imaginer survenu entre mai et juin 2022. -4,5% -4,1%. Ce type d’examen est typique du fonctionnement des agences statistiques (on peut le constater dans les données fournies par l’INSEE), y compris des estimations de leurs résultats immédiats qui sont Confirmer ou annuler les nombres d’arrivées.

En regardant les résultats du premier trimestre (+3,5%) et du deuxième trimestre (-4,1%) on peut retirer les résultats de juillet et août pour calculer quel sera le résultat de l’année 2022.

Même en prenant une hypothèse pessimiste, en supposant que le mois de décembre soit à -5% par rapport à décembre 2021, compte tenu des résultats du 1er, 2ème, et des mois de juillet et août, la baisse du PIB n’est pas au rendez-vous. -2,7%. Considérant que la baisse moyenne des 4 derniers mois de l’année est de -2%, cette baisse ne dépassera pas -1,7%. Cette dernière prédiction est meilleure que celles que j’avais faites le 11 septembre 2022 dans la deuxième partie des articles publiés sur le site du Front Populaire[2]. Cette évolution résulte de l’intégration des données du mois d’août, reçues le 29 septembre.

Dès lors, on est loin des prévisions faites par les organismes occidentaux, après avoir annoncé une baisse du PIB de -10%, ils continuent de prévoir une baisse de près de -6%.

Les résultats de l’industrie semblent confirmer cette tendance. En août 2022, la production industrielle n’a diminué que de 0,1 % par rapport à août 2021, ce qui en soi est un succès.

On peut voir que l’état de l’industrie manufacturière, s’il est pire que l’industrie manufacturière, ne s’améliore pas. L’impact des sanctions de l’industrie semble diminuer rapidement après avoir atteint un point bas en mai-juin 2022. Cela peut être attribué à plusieurs facteurs :

On peut alors voir que la production de la voiture se redresse un peu, après avoir tant chuté sous le choc des sanctions. Il est désormais à 51% de son niveau de 2021, ce qui est une forte amélioration après les chiffres d’avril-juin. La production de camions et de poids lourds retrouve son niveau de 2021. Le même constat peut être fait pour la production d’électroménager, autre secteur le plus vulnérable aux sanctions, dont les résultats s’améliorent avec une production à 66% de sa production de 2021. niveau.

Si l’on regarde les résultats de trois autres branches qui peuvent être plus sensibles à l’impact des sanctions, la production d’ordinateurs, d’équipements électroniques et optiques et la production d’équipements électriques et la fabrication de machines et d’équipements qui ne sont pas incluses dans d’autres groupes (branches pouvant porter la production militaire) on voit que l’impact des sanctions est surmonté.

Variation d’une année à l’autre (pourcentage pour le même mois l’an dernier)

Source : ROSSTAT Social’no-Yekonomicheskoe Polozhennie Rossii, Moscou, 28 septembre 2022

Le choc des sanctions semble y avoir été reporté, sans doute en raison des réserves déjà constituées dans deux des trois branches. En général, le point le plus bas est atteint en mai-juin 2022, après quoi la production augmentera rapidement.

Le même constat d’un redressement rapide des niveaux de production en 2021, voire d’une production plus élevée qu’en 2021, peut être dressé si l’on se penche sur d’autres activités de production, comme le transport, l’agriculture, qui semblent très bien aimer la météo. conditions, ou un immeuble bénéficiant des importantes mesures de soutien prises par le gouvernement en 2020.

L’analyse du volume prélevé est ici intéressante, car elle permet de vérifier les résultats économiques, mais aussi de mesurer l’impact des sanctions sur les importations. Nous nous souvenons de cette connexion

Augmentation du volume prise en juillet et août 2022

Source : ROSSTAT Social’no-Yekonomicheskoe Polozhennie Rossii, n°7 et n°8, Moscou, 26 août et 28 septembre 2022

Le trafic ferroviaire retrouvera son niveau en 2021, tandis que le trafic routier et maritime l’est davantage. L’impact des sanctions est grand sur les gazoducs et les oléoducs, et surtout sur le transport aérien où l’interdiction des vols dans les pays de l’Union européenne et aux Etats-Unis pénalise fortement cette branche. L’augmentation du transport maritime s’explique par l’augmentation des livraisons de GNL mais aussi, probablement, par les bons résultats de l’agriculture et de l’exportation de produits agricoles. Les restrictions aux sanctions censées s’appliquer au transport maritime semblent n’avoir eu aucun effet.

Force est donc de constater que la situation économique en Russie s’améliore rapidement, comme nous l’avons montré dans l’article « La guerre économique contre la Russie est-elle contre ses auteurs », publié sur le site Les Crise le 20 septembre[3]. Comment, alors, les différents centres d’expertise en Russie se situent-ils dans cette situation ?

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II-Quelle perception de la situation ont les experts russes ?

Les résultats produits par deux centres de prévision, l’IPE-ASR et le Centre d’analyse économique macroéconomique et de prévision à court terme (CAMPCT) sont mélangés avec ce qui peut être extrait des données ROSSTAT. Lire aussi : Énergie : la France se prépare à une économie de guerre.

L’analyse CAMPCT, en collaboration avec le HSE Basic Research Program[4] conduit aux conclusions suivantes :

« Les données à haute fréquence de l’économie russe montrent qu’elle se stabilise. L’industrie affiche déjà une petite croissance. On ne sait pas encore combien de temps cela sera durable compte tenu des nouveaux défis dans le secteur de l’énergie (suspension du gaz émissions de l’UE, d’où peuvent introduire des restrictions sur les prix du pétrole).

La structure des facteurs de production au deuxième trimestre montre que la baisse du PIB est concentrée principalement dans le secteur des entreprises (demande demande : fin de la « montée en flèche de la demande », conjuguée au bond de l’inflation qui a fortement affecté le revenu réel des et Destruction du crédit client). S’y sont ajoutés des pénuries d’approvisionnement et un ralentissement de la fabrication lié à une baisse de l’offre de matériaux et de matières premières importés. Pour l’instant, ce problème est apparemment surmonté même si l’évolution de la situation n’est pas encore complètement stabilisée.

Le PMI manufacturier corrigé des variations saisonnières a bondi à 51,7 [5] en août, son plus haut niveau depuis le début de « l’opération militaire spéciale » et de la « guerre des sanctions ». D’une part, cela montre que le « premier choc » de la crise a déjà été surmonté. En revanche, si les estimations sont tirées (optimistes) alors leur surcorrection est presque inévitable en cas de signes négatifs dans le futur.

La situation sur le marché du travail s’est peu à peu améliorée (ce qui n’est pas surprenant compte tenu des anticipations des dirigeants) : le taux de chômage diminue, la tension sur le marché du travail diminue également. Cependant, le besoin de main-d’œuvre diminue progressivement, ce qui est plus naturel qu’un choc violent (facteurs saisonniers supprimés).

En juillet, selon les premières estimations, le début de la reprise de l’activité d’investissement a été enregistré. Cet indice était à 98% de la moyenne mensuelle de l’année 2019 après 95,2% en juin (données désaisonnalisées). Dans le même temps, l’offre de matériaux de construction, après une légère baisse, s’est stabilisée près du maximum historique. La production de la construction a cessé de baisser ; même s’il est bien sûr trop tôt pour parler de croissance, mais la stabilisation semble stable et a le potentiel de se redresser (premier trimestre : + 0,3 % ; croissance mensuelle moyenne, avril : + 1,2 %, mai : -0,8 %, juin : – 0,4 %, juillet : +1,9 % corrigé des variations saisonnières)[6].

Cette analyse combine des données réelles avec les indicateurs « subjectifs » (PMI) utilisés dans les économies occidentales. Les indicateurs « subjectifs » font face aux mêmes critiques que notre économie. Ils montrent la représentation de la réalité future des acteurs (business et management) et non cette réalité ou l’estimation de cette réalité basée sur un modèle financier. Cependant, ces indicateurs représentent le « temps » dans le pays. Ainsi, les PMI manufacturiers étaient de 49,7 dans la zone euro en août, de 48 en Italie et de 49,9 en Espagne. Cela donne une meilleure estimation de l’évolution estimée de l’économie russe par rapport à l’économie européenne. L’indice PMI de la Russie a continué d’augmenter en septembre, atteignant 52,0[7].

Cette analyse a également confirmé que les bases de produits de l’industrie et de l’économie russes étaient bien meilleures que celles du secteur des services. Cela en soi n’est pas surprenant compte tenu de l’économie confrontée à une soi-disant guerre.

La prévision faite par l’IPE-ASR est, pour 2022, un peu plus pessimiste que ce qu’indiquent les données ROSSTAT. Cependant, le Kvartal’nyj Prognoz VVP – Vypusk n°55 contient des passages qui ont le même ton que le document CAMPCT :

« Meilleurs que prévu par la plupart des experts, les résultats du développement de l’économie russe en 2022 montrent une grande adaptation de l’économie russe. Dans le même temps, compte tenu de la forte croissance au premier trimestre de cette année et de la baisse continue de l’économie indicateurs, il y a une forte probabilité que des mouvements négatifs du PIB soient également enregistrés en 2023. Mais quelle sera cette réduction et si l’économie entrera dans une phase de reprise dynamique au début de l’année prochaine dépendra de plusieurs facteurs. (…) La dynamique de l’évolution des revenus la famille résultant des mesures de report du paiement des cotisations d’assurance et d’autres mesures visant à protéger le travail, a entraîné une baisse des salaires réels dans le secteur hors budget qui s’est avérée moindre que prévu. hausse des salaires dans le secteur public, la situation elle peut être très bonne, même si certaines des restrictions de la demande sont liées à l’absence actuelle de marché intérieur [8].

Dans le papier analytique trimestriel Kvartal’nyj Prognoz VVP – Vypusk n°55, publié le 20 septembre mais rédigé le 12 septembre (c’est-à-dire avant la publication des données ROSSTAT) nous avons les chiffres suivants :

Données publiées dans Kvartal’nyj Prognoz VVP – Vypusk n°55

(Pourcentage d’augmentation par rapport à l’année dernière)

Source : https://ecfor.ru/publication/kvartalnyj-prognoz-ekonomiki-vypusk-55/

Ces données sont plus décevantes que celles qui figuraient dans la première partie de cet article. A noter que dans une publication datée du 27 septembre mais rédigée le 7 septembre, les mêmes chercheurs sont arrivés à une prévision pour le 3ème trimestre de -3% et un gain de -2,8% pour le mois de juillet 2022[9]. Dans ce même document, dont on rappelle qu’il a été rédigé avant Kvartal’nyj Peognoz VVP – Vypusk n°55, la prévision faite le 7 septembre donnait pour l’année 2022 une baisse du PIB de seulement -2,2%, ce qui correspond aussi à Dans mes propres travaux car avant les résultats d’août, j’estimais les résultats de l’économie russe en 2022 entre -1,7% et -4,2%.

La prévision des confrères de l’IPE-ASR correspond donc aux données de juillet mais n’est plus la même que celle d’août. Leur frustration peut s’expliquer par plusieurs raisons :

Dès lors, face à ces différents enjeux, il faut comprendre la position « pessimiste » de l’IPE-ASR. Cette position peut également être précisée si l’on se souvient des prises de position de l’IPE-ASR sur la nécessité d’une politique économique plus active que celle actuellement menée par le gouvernement.

On peut donc conclure ici que la prévision de croissance des experts russes est proche du taux de croissance, pour l’année, qui sera compris entre -0,8% et -3%. Les points prometteurs sont bien résumés dans le texte de la CAMPCT. Cela a été confirmé par diverses sources privées. Les facteurs pessimistes sont les suivants :

La question de savoir si un biais optimiste l’emportera sur un biais pessimiste ne peut pas être entièrement résolue à ce stade. Cependant, on peut penser que la croissance de la Russie s’établit avec la plus grande probabilité entre -1,2% et -2%, ce qui est très proche de l’estimation faite par le groupe dirigé par Alexandre A. Schirov de l’IPE-ASR qui est de -2,2. %[12].

Sur le même sujet :
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III-Les perspectives à moyen terme

Il faut maintenant dépasser le cadre du court terme pour se demander quelle sera la croissance de l’économie russe à moyen terme. La prévision fixée par l’IPE-ASR est la suivante.

Prévisions publiées dans Kvartal’nyj Prognoz VVP – Vypusk n°55

(Pourcentage d’augmentation par rapport à l’année dernière)

Source : https://ecfor.ru/publication/kvartalnyj-prognoz-ekonomiki-vypusk-55/

Cette prédiction appelle plusieurs commentaires.

Il a été développé par un modèle économique utilisé par des collègues de l’IPE-ASR et est basé sur l’hypothèse de petits changements dans la politique économique du gouvernement, ce qui est confirmé par l’élaboration de la prévision de « Consommation de l’Etat ». De plus, il n’inclut pas la possibilité d’une politique d’investissement très active.

Cependant, en lisant Kvartal’nyj Prognoz VVP – Vypusk n°55 on peut voir que c’est là que réside le problème. L’attaque contre l’incohérence de la politique du ministère des Finances (mais aussi celle de la Banque centrale de Russie) est claire.

« Dans la situation actuelle, le maintien d’un faible taux de chômage et de la stabilité sociale permet de concentrer les ressources sur la résolution d’autres problèmes. Dans le même temps, la croissance des coûts sociaux peut être l’un des problèmes les plus importants du système. Par conséquent, le revenu le soutien du public peut agir comme un facteur important qui assure le succès de l’adaptation économique aux nouvelles conditions.

Jusqu’à présent, la politique budgétaire est basée sur la nécessité de créer un budget équilibré avec des règles strictes. (…)

Après le début de la nouvelle vague de sanctions, il est devenu impossible de maintenir une politique budgétaire conforme aux anciens principes. C’est d’abord dû au problème des réserves des pays développés (Dollar, Euro). Ensuite, la nécessité d’ouvrir, en payant les frais budgétaires ; les conséquences négatives des sanctions qui ont secoué divers domaines du développement économique. Enfin, en raison de la nécessité d’affecter la plupart des revenus pétroliers et gaziers au financement des coûts actuels du système budgétaire.

Cependant, le ministère des Finances et de nombreux experts ont parlé de la nécessité d’avoir un budget équilibré. Cette position est fondée sur les craintes concernant la croissance des émissions de bons du Trésor et les risques d’instabilité financière qui y sont associés.

Les collègues de l’IPE-ASR font clairement référence à la politique d’investissement et de soutien public des revenus, une politique qui peut, temporairement, être financée par l’émission de bons du Trésor qui seront ensuite remboursés par la banque centrale. Ils ont noté qu’avec une récession économique de 3 % du PIB et une inflation de 5 à 6 % par an, il faudrait environ 20 ans à la Russie pour atteindre un niveau de dette publique de 60 % du PIB. Ils ont également souligné que l’économie russe dispose désormais d’opportunités spéciales pour assouplir simultanément la politique budgétaire et la politique monétaire, à l’instar de ce qui a été fait dans la zone euro pendant la crise du COVID-19. Les facteurs à l’origine de la hausse de l’inflation au cours des premiers mois de cette année (mars à avril) ont largement épuisé leurs effets.

Compte tenu de la baisse des prix mondiaux des matières premières et de la stabilité du taux de change (et même en tenant compte de la possibilité d’un affaiblissement de 70-80 roubles par dollar, qui le ramènerait à son niveau d’avant-guerre), et aussi de la baisse des exportations . livraison, l’inflation en Russie après 2023 pourrait tomber en dessous de l’objectif de la Banque centrale, ce qui montre les limites d’une politique active et expansionniste dans le domaine financier. Enfin, ils ont souligné que :

« … Par conséquent, le moment semble venu d’une réforme progressive du système fiscal dans le secteur des entreprises et dans le domaine des revenus personnels. Le rôle de l’entreprise privée, en se concentrant sur la dynamique du marché intérieur, dans la réalisation des objectifs de le développement économique s’accélère naturellement. Dans ces conditions, la forte pression fiscale sur les entreprises devient l’un des enjeux de la réforme économique. La relance financière est aussi particulièrement importante pour les nouvelles industries.

Quelle est la réponse du ministère des Finances ? Dans un document intitulé « Ocnobnye Napravlenija Byudzhetnoj, Nalogovoj i Tamozhenno-Tarifnoj Politiki na 2023 god i na Planovyj Period 2024 i 2025 godof »[15], le ministère des Finances a défendu l’application de la « loi fiscale » et une utilisation excessive, surtout orthod. si l’on tient compte des conditions particulières qui sont celles de la Russie. Il a suivi l’élaboration des grandes orientations de la politique budgétaire, fiscale et douanière pour 2023 et la période prévue de 2024 et 2025 article 165 du Code budgétaire de la Fédération de Russie (article approuvé avant la situation créée par la guerre en Ukraine). , compte tenu des résultats de l’exécution budgétaire, fiscale et douanière pour la période allant jusqu’en 2022-2024.

Lors de la préparation des procédures pour le budget, les taxes et la politique douanière, le ministère des Finances entend donc suivre les dispositions du décret du président de la Fédération de Russie du 7 mai 2018 n°. 204 « Sur les buts nationaux et les objectifs stratégiques pour le développement de la Fédération de Russie pour la période allant jusqu’en 2024 » et 21 juillet 2020 No. 474 « Sur les objectifs de développement national de la Fédération de Russie pour la période allant jusqu’en 2030 », ainsi que le discours du Président de la Fédération de Russie au Conseil fédéral de la Fédération de Russie le 21 avril 2021 et le Plan unifié pour la réalisation des Objectifs nationaux de développement de la Fédération de Russie pour la période jusqu’en 2024. Le ministère des Finances donne donc l’impression de ne pas réagir à la nouvelle situation créée par la guerre et les sanctions, ce qui montre clairement les contradictions de la politique économique actuelle en Russie. Cette affaire a été entourée d’une crise politique au sein du gouvernement lui-même, et selon la manière dont cette crise est résolue, la direction politique du gouvernement peut être pesée.

Il prévoit donc pour le moment le budget fédéral (hors budgets régionaux) :

Principales caractéristiques du budget fédéral 2019-2025[16]

* Solde structurel de base avec les revenus primaires du pétrole et du gaz

** Le revenu de base correspond aux prix du pétrole et du gaz attendus lors de l’adoption de la loi fiscale, et non aux prix réels.

On constate donc que le déficit budgétaire total ne dépassera pas -2,0% du PIB en 2023 pour se réduire à -0,7% en 2025. Si le ministère suit les recommandations de l’IPE-ASR, le coût sera inférieur à l’augmentation de 29 055,6 milliard. Roubles à 30 519 milliards, soit une augmentation de 5 %, en 2023 à 33 397 milliards (contre 29 243,7) en 2025, soit une augmentation de 14,2% ou 18,5% du PIB.

En effet, selon le ministère des Finances, les dépenses du budget fédéral devraient être réduites en pourcentage du PIB (de 19,9 % en 2022 à 17,1 % en 2025). Ce que prévoit l’IPE-ASR ne correspond donc même pas à la protection, dans les années suivantes, des charges à son niveau de 2022. Si l’option de fixation des charges au niveau de 2022 s’élèvera alors à 35 942,2 milliards, la hausse de le coût du temps est prévu de 22,9 %.

La structure des dépenses publiques elle-même est intéressante.

Structure des dépenses publiques en pourcentage[17]

* en tenant compte du calendrier budgétaire consolidé du budget fédéral du 1er septembre 2022

On voit l’impact de la guerre, avec le bloc « Défense nationale + Sécurité nationale et maintien de l’ordre » qui passe de 23,86% des dépenses en 2021 à 27,04% en 2022 et 32,35% (prévision) en 2023. La politique du logement montre l’impact de les décisions prises en 2020 et ressenties jusqu’en 2023. Mais, ces prévisions montrent aussi la baisse attendue du soutien économique, mais aussi le coût de la politique sociale à l’avenir. Or, ce sont ces coûts, selon les raisons tenues par les confrères de l’IPE-ASR, qui peuvent peser le plus dans la relance économique.

Si nous suivons le raisonnement de l’IPE-ASR et prenons en compte l’hypothétique réduction de 3% du PIB, alors nous obtenons les coûts budgétaires suivants (le revenu est considéré comme constant, ce qui ne sera pas dû au coût des dépenses publiques) en supposant que le déficit de l’excédent budgétaire est entièrement dû au coût de soutien à l’économie.

Une tentative financière hypothétique

Calculs de l’auteur, basés sur les données du ministère des Finances.

Il faut revenir ici à la méthode des dépenses publiques à coût élevé, méthode désormais acceptée par tous dans l’économie, mais dont nous ne connaissons pas le prix dans le cas de la Russie. Des discussions en 2020 et début 2021 avec des collègues russes ont montré que la valeur de ce multiplicateur était supérieure à 1, voire égale à 1,3/1,5. Mais, compte tenu des contraintes d’approvisionnement restantes, nous pouvons l’estimer plus faible maintenant, peut-être plus proche de 1/1,1. Cependant, même à ce prix, la baisse du budget de 3% du PIB conduira théoriquement à un PIB de -0,5% en 2023 et de 3,2% en 2024. Il est donc clair que la politique budgétaire du Ministère des Finances aura une portée limitée. impact. détérioration de l’économie russe, surtout en 2024 et 2025, si elle se poursuit.

Le niveau de croissance (ou de dépression) que connaîtra la Russie sur la période 2023-2025 dépend donc des choix de politique budgétaire mais aussi de la politique monétaire de la Russie. Cependant, la publication du projet de « Guide de la politique monétaire pour 2023-2025 » [18] ne marque pas un changement radical. Bien entendu, le texte tient compte de la situation nouvelle créée par la guerre :

« La mise en œuvre des sanctions et l’augmentation de l’incertitude ont aggravé la volatilité du marché financier et les risques de stabilité financière et d’augmentation de l’inflation et la perspective d’une dévaluation. Pour stabiliser la situation, la Banque de Russie, le gouvernement fédéral russe et d’autres autorités régionales les autorités ont mis en place des mesures de riposte » [19].

Mais il a précisé que tant l’objectif que la méthode (« ciblage de l’inflation ») sont inchangés.

« La stratégie de ciblage de l’inflation reste appropriée et reste la meilleure de la politique monétaire. La flexibilité de cette stratégie assurera la stabilité des prix et soutiendra l’ajustement de l’économie russe dans le nouvel environnement. Conformément à la stratégie de ciblage de l’inflation, la Banque de La Russie continue d’adhérer aux grands principes précédemment annoncés dans sa politique monétaire, qui ont prouvé leur efficacité dans les circonstances extraordinaires de 2022.

L’objectif de la politique monétaire reste inchangé – maintenir l’inflation annuelle autour de 4% en continu. De plus, en 2022-2023, l’économie va changer, les prix élevés des biens et services vont s’adapter au nouvel environnement[20].

Cela n’incite donc pas à l’optimisme, ni en politique monétaire ni en politique budgétaire, et l’on ne peut, dans ces conditions, que partager les perspectives un peu dégradées de l’IPE-ASR en 2023.

L’état de l’économie russe en septembre est donc marqué par des tendances contradictoires.

A court terme, le développement, déjà évoqué plus haut, est maintenu voire renforcé. Cependant, l’incertitude des derniers mois de l’année demeure, notamment le choc provoqué par la mobilisation d’une partie des réserves. La croissance de la Russie devrait se construire avec la plus grande probabilité entre -1,2% et -2%, ce que confirme l’estimation faite par le groupe dirigé par Alexandre A. Schirov de l’IPE-ASR qui est de -2,2%. C’est pourtant bien mieux que les prédictions catastrophiques publiées en occident. Clairement, loin de s’effondrer, l’économie russe a digéré le choc des sanctions et se restructure en conséquence. La reprise de l’industrie manufacturière et des secteurs potentiellement touchés par les sanctions le confirme.

A moyen terme, cependant, les perspectives de l’IPE-ASR, c’est-à-dire. Une baisse de -1,5% en 2023 et une croissance assez faible en 2024 (+2,2%) correspondent bien à ce que l’on peut comprendre et attendre de la politique budgétaire et monétaire prévue par le ministère des Finances et la Banque centrale de Russie. Pour être clair, ces deux organisations n’envisagent pas d’aider l’économie russe à se réformer et se restructurer – ce qui est déjà en cours – devrait se faire malgré l’opposition parfois de la politique financière et de la politique monétaire. Ce sera le cas tant que le gouvernement n’aura pas réglé le conflit entre les besoins de la Russie et la politique proposée par les deux centres de direction de la politique budgétaire et monétaire.

(*) L’auteur tient à remercier ses collègues, en particulier Dmitry Kuvalin et Alexandre Schirov de l’IPE-ASR ainsi que Mstislav Afanasiev (IPE-ASR et CEMI) pour leurs suggestions et leur aide à la documentation. Cependant, il est responsable du contenu de ce post.

[1] Les raisons de croire que les statistiques ROSSTAT sont fiables sont expliquées dans le texte « Les sanctions et leurs conséquences – partie 2 » publié le 11 septembre 2022 sur le site du Front Populaire, https://frontpopulaire. fr/international/contenu/sanctions-et-leurs-consequences-partie-2_co14172526

[2] https://frontpopulaire.fr/international/contents/les-sanctions-et-leurs-consequences-partie-2_co14172526

[3] Voir, https://www.les-crises.fr/la-guerre-economique-contre-la-russie-va-t-elle-se-retourner-contre-ses-auteurs-3-3-par -jacques-sapir/

[4] La HSE (Higher Faculty of Economics) est une institution classée libre en Russie. Il travaille en étroite collaboration avec plusieurs organisations occidentales.

[5] Tout PMI supérieur à 50,0 indique des attentes de croissance.

[6] Centre d’analyse macroéconomique et de prévision à court terme, Analiz Makoyekonomicheskikh Tendentsij – Obnoblyaetsia Ezhemesyatcno, Moscou, 16 septembre 2022, disponible sur http://www.forecast.ru/_ARCHIVE/Mon_MK/2022/macrof30.

[7] https://tradingeconomics.com/russia/manufacturing-pmi

[8] Voir https://ecfor.ru/publication/kvartalnyj-prognoz-ekonomiki-vypusk-55/

[9] https://ecfor.ru/publication/kratkosrochnyj-analiz-dinamiki-vvp-sentyabr-2022/

[10] https://ecfor.ru/nauchnaya-zhizn/seminary-i-konferentsii/rossijsko-frantsuzskij-seminar-ekonomika/rossijsko-frantsuzskij-seminar-lxiii-sessiya/

[11] Voir Nautchyj Doklad: Potentsial’nye Vozmozhnosti rosta Rossijskoj Yekonomiki: analiz i prognoz », texte IPE-ASR mis en ligne le 19 juillet 2022 (https://ecfor.ru/publication/potentsial-rosta-ekonomiki/) et Which fait partie de ma traduction de « Où en est l’économie russe avec la guerre et les sanctions », publiée le 27 juillet dans Les Crises, https://www.les-crises.fr/ou-va-l-economie-russie-et -guerre-et-sanctions-jacques-sapir/

[12] https://ecfor.ru/publication/kratkosrochnyj-analiz-dinamiki-vvp-sentyabr-2022/

[13] https://ecfor.ru/publication/kvartalnyj-prognoz-ekonomiki-vypusk-55/

[14] https://ecfor.ru/publication/kvartalnyj-prognoz-ekonomiki-vypusk-55/

[15] Ou, ORIENTATION MAJEURE DE LA POLITIQUE BUDGÉTAIRE, DES REVENUS ET DES DOUANES 2023 ET DE LA PÉRIODE DE PLANIFICATION 2024 ET 2025, Ministerstvo Finansov Rossijskoj Fedderatsii, septembre 2022. Ce document m’a été fourni par une source privée.

[16] RÈGLEMENTS SUR LA POLITIQUE D’EXPORTATION, LA FISCALITÉ ET LES DOUANES POUR 2023 ET LA PÉRIODE DU PLAN 2024 ET 2025, Ministerstvo Finansov Rossijskoj Fedderatsii, septembre 2022

[17] RÈGLEMENTS SUR LA POLITIQUE D’EXPORTATION, LA FISCALITÉ ET LES DOUANES POUR 2023 ET LA PÉRIODE DU PLAN 2024 ET 2025, Ministerstvo Finansov Rossijskoj Fedderatsii, septembre 2022

[18] Banque centrale de Russie, Lignes directrices de politique monétaire pour 2023-2025, Moscou, 27 septembre 2022, https://www.cbr.ru/Content/Document/File/139699/on_project_eng_2023(2024-2025).pdf

[19] Banque centrale de Russie, Orientations de politique monétaire pour 2023-2025, Moscou, p. 1.

[20] Banque centrale de Russie, Orientations de politique monétaire pour 2023-2025, Moscou, p. 1-2.

Quel est le niveau de vie en Russie ?

En Russie, le revenu net ajusté moyen des ménages par habitant est estimé à 19 546 USD par an, ce qui est inférieur à la moyenne de 30 490 USD dans les pays de l’OCDE. En termes d’emploi, près de 70 % des personnes âgées de 15 à 64 ans occupent un emploi rémunéré, ce qui est supérieur à la moyenne de l’OCDE de 66 %.

Quel est le budget pour vivre en Russie ? Prévoyez vos dépenses en Russie Le coût de la vie en Russie est 51% moins cher qu’en France. Cependant, le pouvoir d’achat intérieur y est inférieur de 56 %. En voyage, prévoyez un budget hébergement d’au moins 73 € / jour et par personne (4078 RUB/jour).

Quel est le salaire moyen en Russie ?

Selon la plus grande base de données internationale Numbeo, le salaire net mensuel moyen, après impôt, en Russie est de 41 863,14 RUB en 2022, contre 32 200 RUB en 2019. Par conséquent, en tenant compte du taux de change du 28 février 2022, le salaire net moyen en Russie, après impôt, est de 363,49 â¬.

Quel est le SMIC en russe ?

HistoireSMN lundi. l’environnementSMN
202214 450,0169,4 €
202112 792,0139,9 €
202012 130,0173,4 €
201911 280,0141,5 €

Est-ce que les Russes sont pauvres ?

Quelque 85 % des Russes vivent en dessous du seuil minimum de pauvreté, tandis que seulement 8 % disposent des 2 000 roubles nécessaires pour subvenir à leurs besoins. « La publication des prix [russes] est un pas vers (…) Taille de l’article complet : 2 533 mots.

Quelles sont les principales richesses de la Russie ?

Les ressources naturelles utilisées par l’économie russe représentent 95,7 % de la richesse nationale du pays. Il existe de nombreux gisements fertiles dans le pays : pétrole, gaz naturel, charbon, uranium.

Pourquoi la Russie a-t-elle besoin de l’Ukraine ? La plupart des problèmes qui sous-tendent les intérêts de la Russie en Ukraine sont bien connus. Mais creuser plus profondément révèle un thème sous-jacent : la crainte que la Russie n’absorbe un jour l’Asie. Appelez cela « l’insécurité publique ».

Qu’est-ce qui fait la richesse de la Russie ?

Les ressources naturelles correspondent à la taille du pays, de loin la plus grande du monde (plus de trente fois la superficie de la France). La Russie est l’un des principaux producteurs de pétrole et de gaz naturel, de minerai de fer (ainsi que d’acier).

Quelle est l’activité principale de la Russie ?

Statistiques
Le taux de chômage5,5 % (année 2017)
Industries majeuresexploitation minière, construction de machines-outils, construction militaro-industrielle, construction navale, machines agricoles, construction d’équipements, biens durables, textile, agroalimentaire, artisanat…
Entreprise

Qu’est-ce que produit la Russie ?

Le pays importe également des légumes, des tomates, du bœuf et de l’huile de palme. La Russie est un exportateur net de céréales et de pétrole. Le pays est l’un des principaux exportateurs de blé, d’huile de tournesol et d’orge.

Est-ce que la Russie est un pays riche ou pauvre ?

Le pays est devenu l’un des pays les plus riches du monde selon le FMI. D’ici 2022, le produit intérieur brut devrait atteindre 619 milliards de dollars, selon l’organisation.

La Russie est-elle un pays pauvre ? Lorsque l’on mesure le PIB en parités de pouvoir d’achat (PPA) telles que calculées par la Banque mondiale, le classement de la Russie est très élevé : 4367 milliards de dollars, contre 22 996 milliards aux États-Unis. Le rapport n’est que de 1 à 5 avec le numéro un mondial.

Quelle est la dette de la Russie ?

Le budget de la dette de la Russie 2020, la dernière année évaluée, le montant de 212,36 milliards d’euros était le plus élevé des 22 dernières années. Selon le nombre d’habitants, cela correspond à une dette russe de 1.474 euros par personne.

Pourquoi la Russie est une puissance pauvre ?

L’économie russe sera donc plus résistante. Sa faiblesse est sa forte sensibilité au prix du baril de pétrole : si le prix baisse, le rouble baisse, le coût des importations augmente, ce qui a pour effet de créer de l’inflation.

Qui est le plus riche entre la France et la Russie ?

Le Luxembourg reste le pays avec le PIB par habitant le plus élevé en 2021, avec un produit intérieur brut par habitant de 126 000 dollars.