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Santé

La santé de Salman Rushdie s’améliore, l’agresseur a plaidé non coupable

La santé de Salman Rushdie s'améliore, l'agresseur a plaidé non coupable

Internationale 14.8.2022. 08:25 Mis à jour le 14.8.2022. 16:43

L’écrivain de 75 ans reste hospitalisé avec « des blessures graves », mais « son état évolue dans le bon sens ».

L’auteur britannique des « Versets sataniques », Salman Rushdie, à l’enregistrement de Canal+ en 2012.

SALMAN RUSHDIE – La première nouvelle rassurante sur la santé de l’écrivain britannique Salman Rushdie, poignardé vendredi 12 août, lors d’une conférence organisée par un Américain de 24 ans d’origine libanaise à Chautauqua, dans l’ouest de New York, accusé de tentative meurtre. « Salman Rushdie n’est plus sous respirateur et parle ! » Michael Hill, président de l’établissement Chautauqua, où l’attaque a eu lieu, a écrit sur Twitter samedi soir.

Le collègue de Salman Rushdie, Aatish Taseer, lui a expliqué dans la soirée qu’il « parlait » et « plaisantait ». L’information a été confirmée à l’agence de presse américaine Associated Press par l’agent de l’écrivain britannique Andrew Wylie. Ce dernier a expliqué dimanche que l’auteur est même « sur le chemin de la guérison », dans un communiqué envoyé spécifiquement au Washington Post. « Les blessures sont graves, mais son état évolue dans la bonne direction », a-t-il ajouté.

@SalmanRushdie fan off et parle! Prières continues de tous @chq

Ce dernier a expliqué vendredi que Salman Rushdie allait « probablement perdre un œil » et que « les nerfs de son bras ont été sectionnés » lors des « dix » coups de couteau reçus sur scène, notamment au niveau du cou ou de l’abdomen. L’auteur est hospitalisé dans un hôpital d’Erie, en Pennsylvanie, au bord du lac qui sépare les États-Unis du Canada.

Le centre chirurgical UPMC Hamot à Erie, où Salman Rushdie a été hospitalisé en Pennsylvanie, est photographié le 13 août 2022.

Son agresseur, Hadi Matar, a comparu vendredi devant un juge de l’Etat de New York, où son avocat, Nathaniel Barone, a plaidé non coupable de « tentative de meurtre ». L’accusé n’a pas dit un mot, selon le New York Times et les médias locaux présents à l’audience. Au tribunal, les procureurs ont déclaré que l’agression contre l’auteur était « préméditée et ciblée ».

Selon le quotidien américain, une personne au premier rang du public a décrit une scène violente, ainsi qu’un homme « impitoyable », « extrêmement puissant » et « rapide ». « Il a fallu cinq hommes pour l’entraîner et il a continué à se battre », a-t-elle témoigné. Sa prochaine comparution devant le tribunal est prévue le vendredi 19 août à 15 h.

Dans le sud du Liban, Ali Kassem Tahfa, chef du village de Jaroun, a déclaré à l’Agence France-Presse que Hadi Matar était « d’origine libanaise ». Le jeune homme est « né et a grandi aux Etats-Unis. Sa mère et son père sont originaires de Yaroun », a-t-il déclaré sans commenter l’attaque.Il vivait à Fairview dans le New Jersey voisin.

Le suspect « avait un laissez-passer » pour la conférence et un « faux permis de conduire, utilisant le nom du chef du Hezbollah », Imad Mughniyah, selon des informations parues dans le Telegraph et plusieurs autres médias américains.

L’homme soupçonné d’avoir poignardé Salman Rushdie s’appelle Hadi Matar, mais il était porteur d’un faux permis de conduire en… https://t.co/Gn7dFCue2j

Imad Mughniyah est un ancien commandant et co-fondateur de la branche armée du Hezbollah, tué dans un attentat à la voiture piégée en 2008 à Damas, en Syrie. Il était recherché par Interpol et les États-Unis pour une série d’attentats et d’enlèvements. Impliqué par le Hezbollah, Israël a nié être derrière son meurtre.

Des images de soutien à des personnalités du régime en Iran ont également été trouvées sur ses réseaux sociaux, en particulier l’ayatollah Khomeiny, décédé à Téhéran en 1989 mais auteur d’une fatwa contre Salman Rushdie. Mais à ce stade, cependant, aucun lien direct n’a été établi entre l’homme et le régime de Téhéran.

Sur ses réseaux sociaux, Hadi Matar met en avant les personnalités du régime iranien, ainsi que son fondateur, l’ayatollah… https://t.co/yDes4bxzOi

Menacé de mort par une « fatwa » venue d’Iran en 1989, un an après la parution des « Versets sataniques », Salman Rushdie a été contraint de vivre longtemps dans la clandestinité et sous protection policière, allant de cachette en cachette. De nombreux traducteurs de son livre ont été blessés dans les attentats, voire tués, comme le Japonais Hitoshi Igarashi, victime de plusieurs coups de couteau en 1991.

Vivant à New York depuis 20 ans, il a continué à mener une vie plus ou moins normale tout en continuant à défendre la satire et l’irrévérence dans ses livres. Comme par hasard, le magazine allemand Stern l’a interviewé il y a quelques jours, avant l’attentat : « Depuis que je vis aux Etats-Unis, je n’ai plus de problèmes (…) Ma vie est redevenue normale », assure l’écrivain, en cette interview sera publiée le 18 août, se disant « optimiste » malgré les « menaces de mort quotidiennes ».

L’attaque a provoqué un choc, notamment dans les pays occidentaux : le président américain Joe Biden a condamné « l’attaque brutale » et rendu hommage à Salman Rushdie pour son « refus d’être intimidé et réduit au silence ». « Son combat est le nôtre, universel », a déclaré vendredi le président Emmanuel Macron, tandis que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit « consterné ».

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