La Croix L’Hebdo : Alors que la France était en plein redressement, l’économie subit aujourd’hui un nouveau choc de la guerre en Ukraine. Son impact sur la croissance est-il déjà perceptible ?

Agnès Bénassy-Quéré : Oui, selon les prévisions déjà publiées par le FMI, ce choc pourrait coûter un point de croissance au niveau mondial, un peu moins à la France. Le plus important est l’impact de la hausse des prix de l’énergie, même s’il faut noter que le prix du gaz a augmenté de manière significative déjà avant la guerre, les Russes réduisant les approvisionnements alors que la reprise de l’activité était très rapide.

Dès lors, l’invasion de l’Ukraine a perturbé les marchés, par crainte des conséquences des sanctions. L’impact sur le pétrole n’est pas trop problématique puisque les approvisionnements de la Russie vers l’Europe ne représentent qu’environ 4 % de la production mondiale de pétrole. C’est une pièce qui peut être remplacée, même si elle s’accompagne d’une augmentation de prix. Selon nos calculs, une hausse de 25 dollars du prix du pétrole entraîne une perte d’environ 0,3 point de PIB pour la France. C’est bien sûr regrettable, mais pas fatal.

Dans le cas du gaz, en revanche, c’est plus difficile. Ce que la Russie fournit à l’Union européenne ne représente que 5 % de l’approvisionnement mondial, mais la majeure partie de ce gaz provient de pipelines et non de navires. Il est donc plus difficile à remplacer. C’est pourquoi les prix du gaz ont décuplé, avec une augmentation de 600 % sur l’année.

Cependant, il ne faut pas avoir peur lorsque l’on analyse la façon dont cette hausse des prix se propage à l’ensemble de l’économie. Certaines entreprises peuvent remplacer le gaz par une autre source d’énergie, et à un stade ultérieur, leurs clients ont également la possibilité de se substituer. Nous pouvons donc avoir un impact significatif localement, mais moins au niveau national.

Face à l’inflation, la France semble faire mieux que ses voisins. Comment l’expliquer ?

A. B. – J. : Les actions visant à protéger les ménages contre les hausses de prix ont eu des effets très significatifs. Entre l’augmentation de la facture énergétique, qui a bénéficié à près de 6 millions de foyers, l’allègement de l’inflation qui a bénéficié à 38 millions de personnes, les boucliers tarifaires gaz et électricité et la ristourne carburant, c’est environ deux points de hausse de l’indice des prix à la consommation qui pourrait être mis au rebut. Cela signifie que sans ces mesures, la hausse des prix enregistrée par l’Insee aurait été de 7,2% sur un an en mai, au lieu de 5,2%. Nous serions plus proches de la moyenne de la zone euro de 8,1 %.

Le Pacte européen de stabilité, avec la règle du déficit maximal de 3 %, a été suspendu jusqu’au 1er janvier 2024, ce qui desserre les contraintes budgétaires. La France appelle à une réforme de ce pacte. Pourquoi ?

A. B. – J. : Un des problèmes est que ce seuil de 3 % a agi comme un aimant. Les gouvernements de la zone euro visent généralement à atteindre ce seuil alors qu’il s’agit en réalité du maximum à partir duquel un pays entame la procédure de déficit excessif, sauf circonstances exceptionnelles. De nombreux pays n’utilisent pas les périodes de croissance pour réduire leur dette. La France a notamment fait face à la crise du Covid avec un déficit proche de 3 %. Et donc elle a logiquement exagéré lorsqu’elle est entrée en crise…

Aujourd’hui, nous avons affaire à une large convergence d’experts, par exemple des institutions financières internationales, qui affirment qu’il serait préférable d’établir une règle de dépenses. De quoi s’agit-il ?

A. B.-J. : Cela revient à dire que si un pays est trop endetté, il doit se limiter à une augmentation de ses dépenses, inférieure à la croissance de son PIB, et donc aussi des recettes budgétaires. En cas de crise, le pays reste sur la même trajectoire de dépenses et le déficit se creuse. Lorsque la croissance est bonne, la règle l’empêche de dépenser des recettes fiscales supplémentaires et son déficit est réduit.

Il reste encore à déterminer ce que signifie « trop de dettes ».

A. B. – J. : Le taux d’endettement de 60 %, qui est la règle aujourd’hui, peut rester un objectif à long terme. Cependant, il est impossible de passer rapidement de 97 %, le niveau moyen de la dette en pourcentage du PIB dans la zone euro, à 60 %. Y parvenir nécessite une trajectoire graduelle qui varie d’un pays à l’autre.

En effet, il y a plus d’économies dans le monde aujourd’hui qu’au moment où le traité de Maastricht a été rédigé. Ainsi, les États peuvent supporter un niveau d’endettement plus élevé que par le passé. Ce qui est insoutenable, c’est lorsque les niveaux d’endettement ne diminuent pas entre les crises. Il est donc important de réduire progressivement le déficit entre les crises afin de préparer la suivante.

Qui a commencé la guerre Russie-Ukraine ?

Qui a commencé la guerre Russie-Ukraine ?

Le 7 avril 2014, la prise du siège du gouvernement à Donetsk par des manifestants pro-russes et la proclamation de la République populaire de Donetsk (référendum sur le statut de la ville prévu le 11 mai) marquent le début des activités pro-séparatistes. Ceci pourrez vous intéresser : Remaniement : Marlène Schiappa nommée secrétaire d’État à l’Économie sociale et solidaire et à la Vie associative. Soulèvement -Russes dans l’est de l’Ukraine (Donbass).

Qui a donné le Donbass à l’Ukraine ? Donetsk, qui est aujourd’hui la métropole de la région, a été fondée en 1869 par l’industriel gallois John James Hughes. Le Donbass était donc un important bassin houiller et est devenu l’un des bastions de l’industrie lourde dans l’ancienne ville de Zaporijia d’Oleksandrywka.

Quand a commencé la guerre entre l’Ukraine et la Russie ?

L’invasion russe de l’Ukraine a commencé il y a tout juste cent jours, le 24 février 2022. Ceci pourrez vous intéresser : VIDEO – Réduire l’éclairage public : une opportunité de faire des économies pour les collectivités ?. Retour sur dix moments clés du plus grand conflit en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Qui a commencé la guerre en Ukraine ?

La guerre dans le Donbass est une guerre hybride en cours dans laquelle le gouvernement ukrainien se bat contre les séparatistes pro-russes et la Russie, qui a débuté en 2014 dans le cadre de la guerre russo-ukrainienne et se déroule dans l’est de l’Ukraine (est de l’Ukraine), principalement dans le Donbass. .

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Quelles sont les conséquences économiques de la Seconde Guerre mondiale ?

Il en résulte une hausse du niveau général des prix dans de nombreux pays (en France en 1945-1948 l’inflation approche les 50%) et un affaiblissement des finances publiques dû à l’augmentation de la dette. De plus, à la fin du conflit, c’est toute la société qui change.

Quelles sont les causes économiques de la Seconde Guerre mondiale ? L’expansionnisme croissant des pays de l’Axe (Allemagne, Italie et Japon) et l’effondrement de la Société des Nations sont les principales causes de la Seconde Guerre mondiale.

Quelle sont les conséquences économique ?

Conséquences économiques, financières et sociales de l’économie non enregistrée. Dans un contexte de crise marqué par la montée du chômage, l’économie non déclarée, et en particulier le travail non déclaré, a tendance à se développer.

Quelles sont les conséquences de la guerre sur le plan économique ?

Ensemble, ces facteurs conduisent à une baisse soutenue de la capacité de production de l’économie : selon l’analyse contrefactuelle, le pays en conflit connaît une baisse du PIB réel de 15 % à 20 % après cinq ans, par rapport au PIB réel qu’il aurait reçu en l’absence de conflit.

Quel est le bilan économique de la Seconde Guerre mondiale ?

En fait, près de 1 710 villes et plus de 70 000 villages, 32 000 entreprises industrielles, 100 000 fermes collectives et fermes d’État, 4 700 000 maisons, 127 000 écoles, universités et bibliothèques publiques ont été détruites. Au total, les pertes matérielles ont été estimées à 600 milliards d’euros.

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Quel impact de la guerre en Ukraine sur l’économie française et comment Peut-elle avoir un impact réel sur la vie des Français ?

Or, selon les prévisions de la Banque de France, la croissance française en 2023 sera comprise entre 1,3% et 2%. Une guerre en Ukraine entraînerait donc une perte de croissance de 0,2-0,9 point de pourcentage en 2023 par rapport aux prévisions de décembre 2021.

Quelles conséquences pour la France, la guerre en Ukraine ? Selon le Conseil d’analyse économique, un embargo sur les importations russes d’énergie aurait de faibles conséquences en France. Cela affecterait le revenu national de 0,15 à 0,3%. A la demande du JDD, le GRDF, principal distributeur de gaz du pays, confirme ce retour de bâton réduit.

Comment se porte l’économie française ?

L’OFCE table actuellement sur une croissance du PIB français de 2,7 % en 2022, contre 4,2 % précédemment en raison de la multiplication des chocs et de leur durée.

Quel est l’impact de la guerre en Ukraine sur l’économie ?

Professeur d’économie et directeur de recherche du master et du doctorat en économie de Sciences Po a commencé sa présentation en décrivant les effets désastreux de la guerre sur l’Ukraine : baisse du PIB estimée cette année à 45% et coûts de reconstruction entre 200 et 500…